Renault Group et EDF ont annoncé le 8 octobre 2026 un partenariat pour vendre, dans le réseau Renault, Alpine et Dacia, une offre complète associant voiture électrique, borne à domicile et pilotage intelligent de la recharge. La pièce maîtresse est le V2G, qui permet à la voiture de rendre de l’électricité au réseau. Lancement prévu d’ici l’été 2027.
Le V2G, comment ça marche
V2G signifie vehicle-to-grid, littéralement « du véhicule vers le réseau ». Une voiture électrique passe l’essentiel de sa vie garée, avec une batterie qui contient souvent bien plus d’énergie que les trajets du jour n’en demandent. Avec une borne bidirectionnelle, cette énergie peut circuler dans les deux sens : la voiture se recharge quand l’électricité est abondante et bon marché, par exemple en journée quand le solaire produit beaucoup, puis restitue une partie de l’énergie stockée quand le réseau en a besoin, typiquement en début de soirée. Le propriétaire est rémunéré pour cette flexibilité.
Il ne faut pas confondre avec le V2L (vehicle-to-load), qui sert simplement à brancher un appareil sur la voiture, ni avec le V2H (vehicle-to-home), où la voiture alimente directement la maison. L’offre Renault-EDF prévoit d’ailleurs, à terme, d’alimenter certains usages du logement.
Qui fait quoi
Le dispositif s’appuie sur deux filiales d’EDF. IZI by EDF installera et exploitera les bornes. Dreev, rattachée à EDF business services, se chargera du pilotage de la recharge ; elle revendique déjà plus de 100 000 clients en recharge intelligente en France et en Europe. Renault apporte les véhicules et son réseau de concessions, qui servira de guichet unique. L’idée est d’éviter au client de chercher séparément un installateur, une borne compatible et un fournisseur d’énergie.
- Vente et installation de bornes de recharge pour les maisons individuelles
- Services de pilotage pour optimiser le moment de la recharge
- Restitution d’énergie au réseau et alimentation de certains usages de la maison
Jusqu’à 10 000 km par an, sous conditions
Selon les deux groupes, la valeur tirée de cette flexibilité peut représenter jusqu’à l’équivalent du coût de recharge de 10 000 km par an. Il s’agit d’un maximum, pas d’une promesse. Le gain dépend du modèle, de sa consommation, de la taille de sa batterie et surtout du temps passé branché à la maison. Seuls certains modèles seront éligibles au lancement, et ni la liste des véhicules compatibles, ni le prix de l’installation, ni le niveau de rémunération de l’énergie restituée n’ont encore été communiqués. L’offre vise les propriétaires de maisons individuelles, ce qui exclut pour l’instant les habitants d’immeubles.
Un enjeu pour le réseau électrique
Le gestionnaire du réseau RTE distingue quatre façons de recharger : sans pilotage, avec un pilotage tarifaire (heures creuses), avec un pilotage dynamique dans un seul sens, et avec un pilotage bidirectionnel, le V2G. Dans sa trajectoire de décarbonation rapide, RTE estime que le V2G concernera environ 2 % des voitures électriques en 2030, soit près de 160 000 véhicules. Des déploiements existent déjà en Californie et en Suède. Pour Jérôme Faton, VP Customer Experience and Energy chez Renault Group, le partenariat répond à la fois au pouvoir d’achat et à la transition énergétique.
Ce qu’il faut retenir
Renault et EDF préparent pour l’été 2027 une offre clé en main de recharge bidirectionnelle pour les maisons individuelles. Le gain annoncé peut atteindre l’équivalent de 10 000 km de recharge par an, mais prix, modèles compatibles et rémunération restent à préciser.
Photo d’illustration : Mariordo (Mario Roberto Durán Ortiz), Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
