La startup basée en Bretagne AR[t] Studio propose une solution qu’elle présente comme le Pokemon Go de l’art et de la culture. BavAR[t] comptera parmi les exposants de l’édition 2026 du salon Museum Connections.
Qu’est-ce qui vous a encouragés à imaginer BavAR[t] ?
Chloé Guennou et Yannick Pazze, co-fondateur de AR[t] Studio : BavAR[t] est né de plusieurs constats. Du côté du public, on observe à la fois une forte appétence pour les formats mobiles, ludiques et géolocalisés, et une difficulté à franchir les portes de certaines institutions culturelles, perçues comme éloignées ou peu accessibles. Du côté des acteurs culturels, beaucoup produisent aujourd’hui des contenus numériques (images HD, 3D, vidéos, récits) qui restent peu ou mal valorisés, souvent cantonnés à des usages internes, à des expositions temporaires ou à des supports de médiation classiques.
L’idée de BavAR[t] a été de créer un outil simple permettant de faire sortir les contenus culturels hors les murs, dans l’espace public, à faible coût, tout en proposant une expérience engageante, fondée sur la découverte, la curiosité et le jeu. Avant d’être perçue comme une activité ludique, c’est une plateforme de valorisation et de partage de connaissances accessible à tous et partout.
En quoi consiste cette solution ?
BavAR[t] est une application mobile de médiation culturelle en réalité augmentée. Les professionnels (musées, collectivités, artistes, institutions culturelles, communicants, médias) peuvent y déployer des œuvres ou contenus numériques (images, objets 3D, sons, textes) sous forme de parcours géolocalisés.
Les utilisateurs, quant à eux, découvrent ces œuvres dans l’espace public, via leur smartphone, les “débloquant” ou les “capturant” en se déplaçant physiquement. En fonction de leurs engagements, ils peuvent obtenir des récompenses culturelles.
Comment cela fonctionne concrètement quand on dispose de l’application ?
Un projet type peut prendre la forme d’un parcours urbain thématique : par exemple autour de l’histoire d’un lieu, d’un artiste, d’un mouvement culturel, d’un patrimoine immatériel, etc.
Les œuvres numériques sont géolocalisées dans différents points d’une ville ou d’un territoire. Le partenaire culturel nous fournit les contenus numériques. Ensuite nous créons l’histoire, les cartels et les audios ensemble. Le public est invité à les découvrir en se déplaçant, à son rythme, pendant la durée de l’action culturelle.
Nous travaillons aussi sur commande si le partenaire n’a pas les ressources humaines pour accompagner le projet.
Ce type de dispositif peut s’inscrire dans un événement culturel, une saison, un temps fort institutionnel, une activation marketing ou une stratégie de médiation à plus long terme.
Quel est le modèle économique de BavAR[t] ?
BavAR[t] fonctionne sur un modèle B2B/B2G. Les partenaires (institutions culturelles, collectivités, événements, marques culturelles) financent la création et le déploiement de parcours ou d’expositions immersives, selon la durée, la complexité et le nombre de contenus. Les tarifs sont volontairement positionnés à un niveau accessible, proche de budgets de médiation ou de communication culturelle classiques.
En retour, les partenaires bénéficient d’un outil de valorisation de leurs contenus existants, d’une extension de leur action hors les murs, d’une valorisation de leurs contenus sur site, d’un levier de médiation et de communication mesurable et d’une visibilité accrue auprès de publics parfois éloignés.
Pour le public, l’accès est gratuit.
Comment est assurée la curation des œuvres ?
Les contenus sont majoritairement fournis par nos partenaires : institutions, artistes, chercheurs ou porteurs de projets culturels. Nous accompagnons ces acteurs dans la sélection, l’adaptation et la contextualisation des œuvres afin de garantir la cohérence scientifique, artistique et narrative des parcours. Les 1 200 œuvres que nous mettons en avant correspondent à des contenus déjà intégrés ou en cours d’intégration dans le cadre de projets pilotes, de collaborations institutionnelles et de productions internes.
Nous utilisons aussi du contenu libre de droit sous la licence Creative Commons. Toutes les œuvres présentes dans BavAR[t] créditent leurs auteurs. Le nombre d’œuvres non visibles est 10 fois plus élevé car nous pouvons valoriser et déployer du contenu en 2D facilement. Nous travaillons actuellement sur ces modules d’intégration qui permettront aux petits acteurs de promouvoir leur contenu beaucoup plus facilement
Selon vous, la gamification est une opportunité de différenciation ou une nécessité ?
La gamification n’est pas une fin en soi. Elle est avant tout un outil d’engagement. Dans un contexte de forte concurrence des usages numériques, elle permet de créer une première accroche, notamment auprès de publics plus jeunes ou éloignés des institutions culturelles.
Elle n’appauvrit pas le contenu, mais agit comme une porte d’entrée vers des récits plus complexes et exigeants.
Où en est BavAR[t] dans son développement ?
BavAR[t] est opérationnel. Nous avons réalisé plusieurs projets en France et à l’international, signé des partenariats institutionnels et couvert 95% du territoire français d’œuvres d’art.
Nous avons bénéficié de soutiens financiers publics et envisageons des financements complémentaires pour renforcer la structuration technique et accélérer le déploiement. Les temps de décision étant longs dans le monde culturel français, nous commençons à nous déployer à l’échelle européenne. Bavart est accessible dans toute l’Europe et dans 4 langues.
Cette expansion est possible car la scalabilité repose sur un modèle duplicable : la technologie est mutualisée, tandis que les contenus sont produits localement, en partenariat avec les acteurs culturels de chaque territoire. Cette logique permet une adaptation fine aux contextes culturels nationaux tout en conservant une plateforme commune. De nouvelles fonctionnalités sont en cours de programmation pour répondre aux attentes de nos utilisateurs et partenaires. Le curseur en 2026 sera dirigé vers l’utilisateur pour démocratiser BavAR[t] et la rendre plus visible au grand public.


![BavAR[t] : "Un outil simple pour sortir les contenus culturels hors les murs"](https://i0.wp.com/www.tom.travel/wp-content/uploads/2026/01/smartphone-3939196_1280.jpg?resize=720%2C480&ssl=1)





