Décrire le séjour dont on rêve, comparer quelques hôtels et payer sans quitter la conversation : la réservation par intelligence artificielle sort du stade de la démonstration. Fin août, Google a officialisé la réservation d’hôtels dans son mode IA aux États-Unis, pendant que les grandes chaînes ouvrent leurs propres applications dans ChatGPT. En France, il faudra encore patienter un peu.
Google passe de la recherche à la réservation
Le 28 août, Google a annoncé la fin de sa phase pilote et le lancement officiel de la réservation hôtelière dans AI Mode, son interface conversationnelle intégrée au moteur de recherche. L’utilisateur décrit son voyage en langage naturel, compare les établissements, lit les avis, choisit une chambre et paie avec Google Pay.
Les partenaires annoncés sont Booking.com, Expedia, Hotels.com, Priceline, Trip.com, Hilton, Marriott, IHG, Choice Hotels et Wyndham. L’hôtel ou la plateforme reste le vendeur et gère le service client. Google affirme ne transmettre que les données nécessaires à la réservation, sans historique de recherche ni contenu de la conversation. Il assure aussi que les résultats ne comportent pas, pour l’instant, de placements payants.
L’Echo touristique parle d’un outil « semi-agentique » : l’utilisateur garde la main sur le choix de l’hôtel, de l’offre et sur la validation du paiement. Le service fonctionne aux États-Unis, en anglais, et n’est pas encore disponible en Europe. Les vols viendront plus tard. Pour l’instant, Google a seulement ajouté un suivi des prix des billets d’avion dans AI Mode.
Les chaînes hôtelières s’installent dans ChatGPT
Les groupes hôteliers ne veulent pas laisser ce terrain aux seules agences en ligne. Fin juillet, Radisson a lancé avec Accenture l’application @RadissonHotels dans ChatGPT. Elle donne accès à plus de 1 000 hôtels dans 100 pays, avec disponibilités et tarifs en temps réel, mais la réservation se termine encore sur le site de la chaîne. Selon Voyages d’Affaires, Accor avait ouvert la voie fin janvier avec ALL Accor sur ChatGPT, suivi par Wyndham et IHG. Marriott a lancé en juin Ask Bonvoy, un moteur conversationnel destiné à ses 283 millions de membres.
Les voyageurs l’utilisent, mais s’en méfient
Selon Phocuswright, cité par L’Echo touristique, 40 % des voyageurs français utilisent l’IA pour préparer leur voyage en 2026, contre 19 % en 2025 et 9 % en 2024. La confiance reste pourtant limitée. Seuls 17 à 23 % des voyageurs européens se fient entièrement ou principalement aux résultats générés par IA. Ils font davantage confiance à leurs proches (42 à 53 %), aux agents de voyages (33 à 42 %) et aux avis clients (25 à 35 %). Dans une étude Booking.com, 6 % seulement des personnes interrogées disent laisser l’IA prendre des décisions à leur place.
Ce qu’il faut retenir
- L’IA est utile pour défricher : comparer des quartiers, des types d’hébergement ou des itinéraires en quelques questions.
- Avant de payer, vérifiez le nom du vendeur, les conditions d’annulation et le prix final, taxe de séjour comprise.
- Comparez avec le site officiel de l’hôtel : les chaînes réservent souvent leurs meilleurs avantages à leurs membres.
- En France, la réservation directe dans le mode IA de Google n’est pas encore ouverte. Méfiez-vous des services qui prétendent le contraire.
- Pour un voyage complexe ou coûteux, passer par une agence garde du sens : l’agent de voyages est responsable du forfait qu’il vend, un assistant conversationnel ne l’est pas.
Photo d’illustration : Basile Morin, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
