Les voyageurs qui partent pour les vacances de la Toussaint peuvent souffler, au moins provisoirement. Le préavis de grève nationale des pilotes et personnels de cabine, qui couvrait du 17 au 21 octobre, a été suspendu le 9 octobre après des avancées du gouvernement. Retour sur un conflit qui menaçait le premier week-end des congés scolaires.
Cinq jours de grève qui tombaient mal
Le 18 septembre, cinq syndicats de navigants, le SNPL, l’UNSA PNC, le SNPNC-FO, le SNGAF et l’UNAC, ont appelé les pilotes, hôtesses et stewards à cesser le travail du samedi 17 octobre à 00h01 au mercredi 21 octobre à 23h59. Le préavis visait toutes les compagnies de transport et de travail aérien soumises au droit du travail français. AirHelp citait notamment Air France, Transavia France et Corsair, avec des effets possibles à Paris-Charles de Gaulle, Orly, Nice, Lyon et Marseille.
Le calendrier était sensible : les vacances de la Toussaint commencent le samedi 17 octobre dans toute la France métropolitaine, avec une reprise des cours le lundi 2 novembre.
Le cumul emploi-retraite au cœur du conflit
Les syndicats contestent la réforme du cumul emploi-retraite, prévue pour le 1er janvier 2027. Ils la jugent inadaptée aux métiers navigants, soumis à un suivi médical strict qui peut provoquer un arrêt anticipé et à des limites d’âge réglementaires. Ils s’inquiètent aussi pour la CRPN, la caisse de retraite complémentaire du personnel navigant, qui couvre environ 36 000 actifs et 25 000 retraités. Selon Air Journal, la Cour des comptes relève un déficit technique structurel, et les réserves sont passées de 5,5 milliards d’euros en 2019 à 5,1 milliards fin 2024.
Le gouvernement avait d’abord proposé une exemption partielle par circulaire, jugée insuffisante par l’intersyndicale, qui réclamait une protection inscrite dans la loi.
Ce qui a débloqué la situation
Le 6 octobre, TourMaG détaillait les engagements du gouvernement. Il n’y aura pas de convention financière entre la CRPN et l’État, pour préserver l’autonomie de la caisse, et un décret devait le garantir d’ici à la mi-octobre. Aucun écrêtement de la pension CRPN ne pourra intervenir avant la liquidation d’un régime de base légal. Une circulaire adressée à la CNAV doit en outre préciser que la CRPN n’entre pas dans le champ de la réforme.
Le 9 octobre au soir, TourMaG annonçait la suspension du préavis à la suite des derniers échanges, qui pourraient déboucher sur un accord. Un préavis suspendu n’est pas pour autant un conflit réglé : les syndicats demandaient toujours une exclusion complète des navigants par la loi.
À noter : un autre préavis, propre à Air Corsica, a été déposé par le SNPL et le SPAC du 9 au 16 octobre. La compagnie corse a par ailleurs retiré de l’exploitation cinq de ses sept ATR 72-600, selon Air Journal.
En cas d’annulation, quels droits ?
Quelle que soit la cause, la compagnie qui annule doit proposer un réacheminement ou un remboursement, ainsi que repas et rafraîchissements en cas d’attente, et un hébergement si vous êtes bloqué pour la nuit. L’indemnité forfaitaire de 250 à 600 € fait davantage débat. L’Echo touristique rappelle qu’une grève du personnel de la compagnie n’est pas considérée comme une circonstance extraordinaire. AirHelp jugeait au contraire l’indemnisation peu probable, le conflit portant sur une réforme gouvernementale. En cas de litige, il faudra faire valoir vos droits au cas par cas.
Ce qu’il faut retenir
- Le préavis du 17 au 21 octobre est suspendu depuis le 9 octobre, pas définitivement levé : surveillez les messages de votre compagnie jusqu’au départ.
- Vérifiez que votre numéro de téléphone et votre adresse e-mail sont à jour dans votre réservation pour recevoir les alertes.
- Si vous volez avec Air Corsica jusqu’au 16 octobre, consultez l’état de votre vol avant de vous rendre à l’aéroport.
- En cas d’annulation, réclamez réacheminement ou remboursement, et conservez tous vos justificatifs de dépenses.
Photo d’illustration : Kgbo, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
