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Drones étrangers bannis aux États-Unis : où en est-on dix mois après la décision de la FCC

Drones étrangers bannis aux États-Unis : où en est-on dix mois après la décision de la FCC

Depuis le 22 décembre 2025, aucun nouveau drone fabriqué hors des États-Unis ne peut y obtenir d’autorisation radio. Dix mois plus tard, les exemptions se sont empilées, les nouveautés DJI sortent partout sauf outre-Atlantique, et un rapport du ministère de la Sécurité intérieure relance le débat. Point d’étape pour comprendre ce qui est interdit, et ce qui ne l’est pas.

Ce que la FCC a réellement décidé

La FCC (Federal Communications Commission) n’interdit pas de voler : elle délivre les autorisations d’équipement sans lesquelles un appareil émettant des ondes ne peut pas être commercialisé. Le 22 décembre 2025, par la notice DA 25-1086, elle a ajouté à sa « Covered List » les drones fabriqués à l’étranger ainsi que leurs « composants critiques », avec en premier exemple les dispositifs de transmission de données. Un produit listé ne peut plus recevoir de nouvelle autorisation, sauf feu vert du département de la Guerre ou de la Sécurité intérieure.

Conséquence directe : les drones déjà autorisés avant cette date restent légaux à l’achat, à la revente et en vol. UAV Coach le résume ainsi : aucune désactivation à distance, aucune interdiction de vol, aucune restriction FAA ne vise les appareils en service. La FCC a par ailleurs prolongé jusqu’au 1er janvier 2029 au moins la possibilité de mettre à jour le firmware des équipements antérieurs à la liste. La demande de réexamen déposée par DJI (dossier ET 26-22) n’a pas encore été tranchée.

Les exemptions et leurs limites

  • Janvier 2026 : exemption pour les composants figurant sur la liste Blue UAS et pour les produits fabriqués aux États-Unis avec au moins 65 % de contenu local.
  • Juillet 2026 : ces exemptions sont prolongées jusqu’au 1er janvier 2028, et les autorisations conditionnelles du département de la Guerre n’ont plus de date limite.

Le texte ne fait aucune distinction entre pays alliés et pays visés. DroneXL l’illustre avec Zing Drone Solutions, fabricant de l’Oregon d’un module Remote ID, qui teste des modules Bluetooth et Wi-Fi du sud-coréen NUCODE. Un accord non contraignant a été signé, mais rien n’a été acheté. La notice ne mentionne pas le Remote ID, et il n’est pas clair qu’un module radio généraliste compte comme composant de drone. Faute de précision, un module coréen pourrait devoir passer par une autorisation conditionnelle au cas par cas.

Le Remote ID, pour mémoire, est l’identification électronique à distance : le drone diffuse en vol son identifiant et sa position, que les autorités peuvent lire avec un simple récepteur. Un module externe permet de mettre en conformité un appareil qui n’en est pas équipé d’origine.

Les nouveautés DJI sortent sans les États-Unis

Effet visible pour un acheteur européen : les nouveaux produits DJI sont lancés partout sauf aux États-Unis. Le récepteur vidéo SDR Transmission 2, sorti le 17 septembre à partir de 349 €, n’y est pas vendu. Le Neo 3 en préparation n’a pas d’autorisation FCC, et la future station d’accueil présentée le 14 octobre ne sera pas commercialisée outre-Atlantique. À l’inverse, l’Avata 360, autorisé le 19 novembre 2025, reste achetable par des voies tierces.

Le rapport qui dérange

Le département de la Sécurité intérieure (DHS) a fait évaluer des drones de la liste Blue UAS, censée regrouper les appareils jugés sûrs pour les administrations, en environnement urbain dense, à Hudson Yards (Manhattan), en juillet 2025. Le rapport public de septembre 2026 ne détaille pas les résultats des deux DJI ajoutés au test. Un addendum à diffusion restreinte, obtenu par DroneXL, les donne.

Drone Note globale (sur 5) Prix d’achat lors du test
DJI Matrice 4T 4,6 12 958 $
DJI Matrice 30T 4,3 18 608 $
Skydio X10D 3,7 28 382 $
Parrot ANAFI USA GOV 2,4

Trois autres appareils Blue UAS n’ont pas pu être notés faute de tenir leur position. Les deux DJI devancent les deux Blue UAS sur les neuf critères. Mais le test ne porte que sur l’expérience opérateur, pas sur la sécurité des données, comme le précise l’addendum lui-même. Il relève aussi un incident : un Matrice 30T a perdu son positionnement GNSS et visuel de nuit dans un canyon urbain, est passé en mode ATTI et a dérivé contre une structure. Parrot souligne que son ANAFI USA GOV est une plateforme de génération précédente. L’association de prestataires DSPA réclame désormais un test de sécurité identique pour tous les constructeurs, quelle que soit leur origine.

Ce qu’il faut retenir

  • Les drones autorisés avant le 22 décembre 2025 restent légaux aux États-Unis ; seules les nouvelles autorisations sont bloquées.
  • Les composants étrangers, alliés compris, sont aussi concernés, ce qui complique même les modules Remote ID.
  • Pour un télépilote français qui part tourner aux États-Unis, la liste FCC ne vise pas l’appareil déjà en circulation, mais les règles FAA, Remote ID compris, s’appliquent : vérifiez-les avant le départ.

Photo d’illustration : HotNews Romania – Adi Iacob, Ovidiu Popica, Wikimedia Commons, CC BY 3.0.

  1. DroneXL – Zing Drone Solutions Tests Korean Radios as FCC Bars Foreign Partsdronexl.co
  2. DroneXL – DHS Left DJI's Scores Out of Its Blue UAS Report. Here They Aredronexl.co
  3. DroneXL – DJI Prices SDR Transmission 2 at €349. The US Isn't On The Listdronexl.co
  4. UAV Coach – The DJI Ban: Everything You Need to Knowuavcoach.com
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